Au secours ! Je suis atteinte du syndrome de l’imposteur

 

Je suis nulle. Et je suis nulle en tout !

Ce genre de pensées hante régulièrement votre cerveau ?

Vous vous sentez souvent mauvaise au travail ?

Vous avez l’impression désagréable que tout le monde va réaliser que vous n’avez rien à faire là, car vous êtes incompétente ?

Chères Allumées, voici les signes distinctifs du fameux syndrome de l’imposteur.

Il est d’autant plus compliqué d’y échapper lorsque l’on est en pleine période de reconversion.

Voyons donc cela d’un peu plus près, et tentons d’explorer des pistes pour ne plus souffrir du syndrome de l’imposteur.

 

Le syndrome de l’imposteur, c’est quoi ?

Définition du syndrome de l’imposteur

Définition du syndrome de l’imposteur

Le syndrome de l’imposteur est un sentiment d’illégitimité. La femme (ou l’homme) qui en souffre pense “ne pas être légitime dans ce qu’elle fait”.

Elle a l’impression d’être un imposteur.

Et ce sentiment peut se révéler dans plusieurs domaines de sa vie. Principalement ressenti et vécu dans la sphère professionnelle, le syndrome de l’imposteur en amour existe aussi. Une femme peut également douter de ses capacités à élever et éduquer ses enfants.

Elle va alors trouver tout un tas de fausses raisons, au fait qu’elle réalise pourtant des choses positives :

  • « j’ai vraiment eu de la chance, lors de ma conférence, de la qualité de la salle et de la sonorisation. Les gens ont apprécié et applaudi ! »,
  • « Mon chef m’a félicitée pour la qualité de mon dossier. Étant donné le nombre d’heures que j’y ai passé, c’est normal».

L’objectif inconscient est de s’ôter tous les mérites de ses actions positives.

Bien entendu, la peur permanente ressentie est celle d’être démasquée. La femme a même l’impression de tromper les autres. Elle se sent fautive.

Ce syndrome touche particulièrement les gens qui doivent « faire leurs preuves » , notamment les surdoués et les personnes à haut potentiel.

Ce fût l’apanage des femmes. Ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

Dans le monde du travail, les hommes aussi peuvent être touchés.

Il apparaît souvent dans les périodes de transition (l’entrée en fac, un changement de poste, une reconversion professionnelle).

En bref, dans des moments où il faut prouver à tout le monde qu’on est légitime de faire ce que l’on fait parce que l’on est compétent.

 

D’où vient le syndrome de l’imposteur ?

Le manque d’estime de soi est la base du problème.

Le manque de confiance en soi, pose également un problème, mais ces deux notions ne sont pas tout à fait similaires.

  • La confiance en soi est la croyance en ses ressources internes. Avoir confiance en soi implique que l’on croit en ses propres capacités. Un manque de confiance en soi implique une perte rapide de ses moyens face à la critique, du stress et la peur de l’échec.
  • L’estime de soi signifie « la valeur que nous nous accordons ». Elle est synonyme de l’image de soi, de l’évaluation que nous faisons de nous-mêmes.

Si je suis nulle en ping-pong, mais que je ne trouve pas que ce sport soit important, alors je n’ai pas confiance en moi en tant que joueuse de ping-pong, mais cela n’affecte pas mon estime de moi-même.

En revanche, si je trouve que le ping-pong est un sport majeur et que je suis nulle, je n’ai pas confiance en moi, mais j’ai également une faible estime de moi-même au regard de l’importance que j’accorde à ce sport.

En clair, l’estime de soi est fondamentale. Si nous avons une mauvaise évaluation de nous même, dans une situation compliquée il est vite fait de se dire « de toute façon, je suis nulle en tout ».

Ce manque de confiance et d’estime de soi nous fragilise face au regard des autres. Ce regard prend une importance démesurée et nous imaginons que les autres vont nous juger aussi durement que nous nous jugeons nous-mêmes. La suite logique est de tenter de tout faire pour faire pour être parfaite. Mais lorsque nous sommes trop perfectionnistes et que nous avons peu d’estime de nous-mêmes, le chemin est rude.

 

Les racines du syndrome de l'imposteur se trouvent souvent dans l’enfance, à l’école ou en famille.

 

Les racines de ce mal se trouvent souvent dans l’enfance, à l’école ou en famille.

  • Avons-nous eu la chance d’avoir des parents bienveillants dont l’éducation était positive ?
  • Avons-nous été aimées pour ce que nous étions ?
  • À l’inverse, nos parents nous ont-ils toujours accusées de ne jamais faire assez bien ?
  • Avons-nous été comparées en permanence à une sœur soi-disant plus brillante que nous ?
  • Avons-nous mal vécu un échec ?

Enfant déjà nous souhaitons tous être la meilleure fille aux yeux de nos parents. Si cela est inatteignable, alors toute notre vie nous porterons ce fardeau et répéterons ce schéma négatif.

 

Une autre source du syndrome de l’imposteur est externe.

C’est notre société qui conduit certaines personnes à souffrir de ce syndrome. Les valeurs actuelles véhiculées par la société telles que  :

  • Performance
  • Réussite
  • Compétition
  • Richesse

Les comparaisons aux autres sont très nocives et poussent à l’individualisme. Évidemment, nous ne pouvons pas être les meilleures partout.

Nous ne pouvons pas être expertes en tout. Il est normal de ne pas tout savoir.

Nul n’est parfait et c’est tant mieux !

Dans le cadre d’un projet de reconversion, vous voyez tout de suite l’effet dévastateur du syndrome de l’imposteur.

Je me forme à un nouveau métier, mais je ne suis pas une experte.

J’ai ce métier en haute estime puisque c’est celui que je souhaite exercer. Mais je ne suis pas encore ultra compétente donc mon estime de moi-même souffre.

Je me compare à d’autres personnes exerçant ce métier depuis des années, donc expertes. Je me sens de plus en plus nulle. Je stresse et j’ai peur.

Si je ne suis pas compétente, alors je ne suis pas légitime aux yeux des autres.

Tout cela me paralyse et je n’ose plus agir alors que je n’ai même pas commencé.

Je remets en question mon projet. J’oublie mon objectif principal.

Bref, c’est la catastrophe !

 

Le syndrome de l’imposteur, comment m’en sortir ?

Éloigner le syndrome de l’imposteur est fondamental.

 

Éloigner le syndrome de l’imposteur est fondamental.

C’est possible, mais cela prend du temps.

Très concrètement, voici quelques points importants à garder en tête dans les moments où, vous sentez votre légitimité fondre comme neige au soleil.

 

Définir ses objectifs à court, moyen et long terme et clarifier sa vision

Remémorez-vous vos objectifs initiaux et notez les sur une feuille en gros et en gras.

Plus vous saurez où vous souhaitez aller, plus vous serez en capacité de garder le cap et d’évacuer les doutes.

L’essentiel est d’atteindre votre objectif.

Peu importe que vous soyez parfaite ou pas. La perfection n’existe pas !

Agir va vous permettre de réaliser quelque chose et d’approcher de votre objectif et ce sera déjà un gros pas pour votre confiance en vous.

Vous pouvez même découper vos objectifs en plus petits objectifs facilement et rapidement atteignables.

Les atteindre sera une bonne dose de « boost » et de confiance en vous pour continuer.

 

Contrer ses pensées négatives

C’est le moment de s'auto congratuler, ça fait du bien alors lâchez-vous !

Essayez de lister toutes les pensées que vous pouvez avoir et qui vous mettent la pression.

  • Je dois tout réussi
  • Tout doit être parfait
  • Je n’ai pas droit à l’erreur sinon je serai mal vue
  • Sans l’admiration des autres, je ne suis plus rien
  • Si je me trompe, les autres verront que je suis nulle
  • Je dois être une experte dans tout avant de me lancer

Puis, écrivez en face de chacune de ces pensées, les arguments contraires qui vous viennent à l’esprit.

  • Que se passe-t-il si j’échoue quelque part ?
  • Est-ce qu’il n’y a pas des domaines dans lesquels ce n’est pas grave si ce n’est pas parfait ?
  • Que se passerait-il vraiment si je me trompe ?
  • Si je ne suis pas experte dans tel domaine, comment pourrais-je faire autrement ? Déléguer ? Me former ?
  • Ai-je déjà été critiquée par les autres et pourquoi ?
  • Listez les succès que vous avez connus et les compétences que vous avez mises en œuvre pour atteindre ces succès

Dans le cadre de votre projet de reconversion, osez demander de l’aide, ce n’est pas un signe d’échec !

Prenez comme modèle des personnes inspirantes qui savent aussi parler de leurs échecs.

Rappelez-vous toujours que c’est dans l’action que vous prendrez confiance en vous et que le perfectionnisme est notre ennemi.

Je vous conseille également de lire l’ouvrage de Kevin Chassangre, psychologue clinicien à Toulouse et Stacey Callahan : « Traiter la Dépréciation de soi — Le Syndrome de l’Imposteur »*, Dunod, septembre 2015.

Vous y trouverez une multitude d’exercices et d’exemples de situations concrètes vous permettant de ne plus vous faire absorber par ce fichu syndrome.

Dites-nous tout vous aussi :

  • Avez-vous des doutes et des blocages liés à vos capacités ?
  • Comment les évacuez-vous ?
  • Seriez-vous capable de lister vos points forts et vos succès ?

 

Et n’oubliez pas de liker et partager l’article.

Le clin d’oeil du moment
“C’est le moment de s’auto congratuler, ça fait du bien alors lâchez-vous !”

Bonne journée Les Allumées du Casque !

 

*lien affilié (voir la page “Coups de cœur“)

 

 

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Cet article a 10 commentaires

  1. Au top Nadia
    Merci pour la distinction entre estime de soi et confiance en soi
    En reconversion pro cette situation est vraiment à traiter pour avancer et construire sa posture

  2. En effet, on passe quasiment tous par cette étape.
    Du coup, je me dis qu’elle est nécessaire pour avancer, pour prendre conscience, pour travailler sur nous-mêmes, pour passer à l’action, pour booster au final notre motivation, notre détermination.
    Merci pour cet article ultra riche !

  3. Bonjour Nadia,
    Merci pour cet article très juste. Je trouve ta remarque très pertinente. Les hommes sont également touchés par ce syndrome.
    A bientôt !

    1. Hello André
      Et oui, c’est universel 🙂

  4. “On ne souffre pas d’un manque de confiance en soi, mais d’un manque de conscience de soi” disait mon mentor.
    Le perfectionniste a cette fâcheuse tendance à ne voir que ce qui n’est pas parfait, jusqu’à des micro-détails insignifiants. Pas étonnant que le syndrome de l’imposteur pointe son nez !
    A tes précieux conseils, j’ajouterai celui d’apprendre à accepter puis à dépasser sa zone d’imperfection. Si on peut lâcher ne serait-ce que 10%, c’est déjà énorme et ça détend 🙂
    Développer la conscience de notre propre fonctionnement nous y aide.

    Merci Nadia pour ce bel article !

    1. Hello Virginie, tu as complètement raison. Tu rentres dans une dimension “la conscience de soi” qui est un domaine que je chéris particulièrement…
      Merci pour ce complément très pertinent.

  5. Effectivement, il faut être bien attentif à ne pas se laisser prendre par cette dévalorisation ! Je trouve que c’est un travail de chaque jour… avancer étape après étape, ne pas se fixer d’objectifs trop éloignés et se réjouir de chaque petite réussite 🙂 De l’auto-bienveillance en quelque sorte…

    1. Merci Aline de nous rappeler “que c’est un travail de chaque jour” et oui une routine à mettre en place !

  6. Bonjour à toutes et à tous

    En fait, j’adore vos commentaires. Vous êtes complémentaires et ça répond à ma croyance : “La Compétence est Collective”

    Merci beaucoup 🙂

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